Article paru dans la Trousse Correziène, en mars 2019. Pourquoi la mode pollue autant

Pourquoi la mode pollue autant?

Un artículo publicado en la Trousse Corrèzien, periodico combativo y militante de Correze. Para mí, escribir en francés es un trabajo meticuloso de artesania de letras y palabras… Y aún asi, siempre hay cosas que se me escapan. Muchas gracias a los correctores exquisitos de este periódico 🙂

Un article publié dans Trousse Corrèzien, journal combatif et militant de la Corrèze. Pour moi, écrire en français est un travail minutieux d’artisanat de lettres et de mots … Et pourtant, il y a toujours des choses qui m’échappent. Un grand merci aux éditeurs exquis de ce journal 🙂

La fabrication des tissus a toujours eu besoin d’énormes quantités des ressources naturelles et de moyens humains. La pauvreté des champs de Castille, aujourd’hui tristement dépourvus d’arbres, est la conséquence d’une riche industrie de la laine pendant le Moyen Âge. Quelques siècles plus tard, des milliers de personnes sont enlevées en Afrique, vendues et conduites contra leur volonté vers les immenses champs de coton en Amérique.
Au 21eme siècle la Fast Fashion est capable d’exploiter les ressources naturelles et humaines de manière plus incontrôlable encore que ses ancêtres.

Le polyester

Aujourd’hui, le polyester est la fibre la plus fabriquée, environ un 63 % du total, selon Lenzing* (Lenzing es une entreprise autrichienne fabricante de fibres dérivées du bois)
Le polyester est une résine dérivée du pétrole, très légère, bon marché, résistent… Une large liste de points forts pour devenir une star du tissu. Mais pour créer du polyester, les fabricants ont besoin de grandes quantités de pétrole. Aprés, lors de son passage par le machine à laver, ces fibres produiront de micro plastiques qui ne sont pas biodégradables et qui polluent les océans et les terres. En 2015, la production de polyester a généré 1.5 billion de mètres cubes de gaz à effet serre, selon le World Research Institute. Et sa demande ne cesse pas d’augmenter.
Un étude scientifique de l’université de Tarragone, en 2017, a découvert des quantités significatives d’antimoine, une substance cancérigène, en vêtements sportifs de polyester.

Le coton

Derrière le polyester vient le coton, la fibre plus utilisée dans l’industrie, avec un 24,3 %. On produit environ 820 kilos de coton par seconde dans le monde, soit 25.3 millions de tonnes de coton par an. Bien que ce soit une fibre naturel, le coton représente également un grave problème pour l’environnement : la plante du coton a besoins d’énormes quantités d’eau: Selon les techniques utilisées, entre cinq mille et dix mille litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de coton. Presque 25% des insecticides et 10% des pesticides utilisés dans le monde servent la culture de coton. Le coton conventionnel est blanchi avant d’être teint, avec un processus dans lequel on trouve chlore, le peroxyde d’hydrogène, la dioxine et le formaldéhyde parmi d’autres composés nocifs. Pour la teinture : chrome, le cuivre ou le zinc. Les produits chimiques couramment utilisés dans le coton conventionnel sont impliqués dans la pollution des eaux souterraines. Ils ont également un impact direct sur la santé des producteurs.
Le coton OGM Bt de Monsanto, qui provoque un développement de la monoculture et une perte de biodiversité a conduit les agriculteurs dans un piège. Dépendants des semences non-renouvelables et des monopoles qui leur fournissent des produits chimiques, c’est le cercle vicieux de l’endettement. Ainsi, nombreuses faillites de fermes de coton en Inde ont été causées par le passage à des semences OGM qui, en l’absence de conditions climatiques et d’irrigation stables, n’ont pas dégagé de surplus financiers suffisants pour compenser l’investissement initial.
Le Burkina Faso, avec une longue tradition cotonnière, grâce à son coton de fibre longue très réputée, passe en 2008 aux semences de Monsanto. Le coton OGM n’a pas les résultats promis, et a fini pour dégrader la qualité et la réputation du coton. Bien que les semences OGM, avec un prix dix fois plus élevé, sont modifiés pour être immunisé aux insectes, des chenilles résistantes apparaissent. En plus, la fibre du coton Bt se révèle bien plus courte que celle du coton traditionnel burkinabè, sa valeur se déprécie sur le marché et les ventes s’écroulent.

Pour s’habiller consciemment, il faudrait réduire notre consommation des vêtements, se tourner vers l’achat d’occasion et chercher des fibres respectueuses de la planète, comme le coton bio, le chanvre, le lin ou la viscose d’eucalyptus (Tencel Lyocell)

Grève des travailleurs du textile au Bangladesh

Dans un climat des tension au pays suscité par les résultats électoraux du 31 décembre, des milliers d’employés de l’industrie textile ont débrayé dimanche 13 janvier et manifesté pour réclamer de meilleurs salaires. Ces manifestations ont été violemment réprimées par la police, faisant un mort et plus de vingt blessés. Le conflit s’est achevé mardi 15 janvier au soir et le lendemain matin, en arrivant au travail, des centaines de salariés, anciens grévistes, ont découvert leur licenciement.
Le salaire moyen est d’environ 84 euros par mois. La révision des salaires du gouvernement a été insuffisante pour les syndicats, qui ont exigé un minimum de 164 euros. Au Bangladesh, le salaire décent serait d’environ 250 euros, selon l’ONG espagnole SETEM.
Dans ce pays existent quelque 4500 ateliers, fabriquant à tour de bras des vêtements pour les distributeurs occidentaux comme H&M, Primark, Walmart, Tesco, Carrefour et Aldi.